Exclusif ! Une interview de Fred Besson, illustrateur d’Ali Baba

Fred Besson, comment avez-vous été associé au projet Ali Baba de Mobidys ?
Je connais personnellement les trois fondateurs de Mobidys et comme je suis illustrateur, ils m’ont demandé si je voulais bien faire les illustrations d’Ali baba. Je leur ai dit : “si ce que je fais vous va, alors je serai très heureux de le faire !”.

Le conte d’Ali baba est très connu et il en existe déjà de nombreuses adaptations. Alors, quand on envisage ce projet, est-ce qu’on se pose la question du “faut-il encore une nouvelle version” ?
Moi, j’ai eu une histoire, j’ai eu à l’illustrer, donc en fait cette question-là je ne me la suis pas posée. Cela m’a justement permis de revoir Ali baba que je croyais connaître, alors que je me suis aperçu que je ne connaissais que des petits morceaux de l’histoire. J’en avais oublié de grosses parties… donc c’était un travail d’illustration de découverte, en fait !

L’écriture du texte d’Ali baba a été confiée à Olivier Silloray, en lui demandant de respecter les critères du Facile à Lire et à Comprendre. Pour les illustrations, avez-vous eu également des consignes de la part de Mobidys ?
Oui clairement. J’ai eu plusieurs consignes, qui sont naturellement incluses dans le dessin, mais qu’il fallait tenir très fortement : le travail sur l’expressivité des émotions des personnages ; le travail sur une vraie cohérence par rapport au texte, c’est-à-dire rester concentré sur l’histoire et ne pas partir sur des choses qui pourraient se passer à côté. Enfin, d’un point de vue graphique, ne pas faire des dessins, des couleurs ou des choses, qui attirent trop l’œil et qui empêchent de lire le texte.

Avez-vous attendu le texte écrit par Olivier Silloray ou bien avez-vous commencé à faire des dessins avant ?
Alors au début, avant d’avoir le texte d’Olivier, j’étais parti faire des recherches, qui m’ont aidées pour la suite. Par contre les illustrations sont vraiment faites en fonction du texte d’Olivier, pour justement coller à ce qui se passe dans chaque chapitre.
Making-Off d'une illustration de Fred Besson pour Ali Baba (Ed. Mobidys)

Comment avez-vous travaillé : quelles ont été les différentes étapes ?
Mon travail a été d’abord de lire le texte d’Olivier. Puis, pour chaque chapitre à illustrer, je faisais un croquis rapide de ce qui pouvait être représenté. Je l’envoyais à Mobidys et à partir du moment où j’avais la validation de ce croquis-là, je passais à la réalisation de l’illustration finale : d’abord un crayonné, puis un encrage et ensuite la mise en couleur.

Illustration de Fred Besson : Ali Baba et les 40 Voleurs. Ed.Mobidys

Illustration Fred Besson

Comment avez-vous choisi les séquences à illustrer ? Il y a-t-il eu des échanges avec l’auteur ou l’éditeur ?
Comme ce sont des chapitres assez courts, en les lisant il y a toujours une image d’un moment à illustrer qui ressort. Quasiment à chaque fois. Il y a eu quand même quelques fois où, ne trouvant pas d’emblée d’idée pertinente, j’ai échangé avec Mobidys. J’ai questionné Olivier, surtout pour l’illustration de fin, pour qu’il me dise ce qu’il voulait faire passer dans son texte. Et là, c’est ce qui m’a aidé à trouver l’idée de l’illustration. Donc sur deux ou trois illustrations, il y a eu une vraie concertation, sur les autres pas du tout.

Vous êtes le dessinateur de Kalimbo et le coloriste d’Atalante et de Largo Winch, qui sont dans des univers très différents. Pour aborder ce conte, quelles ont été vos sources d’inspiration ?
J’ai regardé des vieilles illustrations qui avaient été faites sur Ali baba, pour avoir une sorte de “culture visuelle” de ce qu
’il fallait représenter. Je me suis aussi beaucoup inspiré d’une adaptation de Sinbad le Marin, en BD, dessinée par Pierre Alary, aux Éditions Soleil. Il a eu les mêmes problématiques que moi, c’est à dire illustrer maintenant des textes anciens.

Illustrer pour des e-books, est-ce que cela a apporté des contraintes différentes pour vous ?
En fait non, parce qu’il peut toujours il y avoir l’idée, un jour, de publier le livre papier. Et comme les contraintes papier sont beaucoup plus fortes que celles du numérique, je suis parti au niveau de ma création sur celles du papier, ce que je fais habituellement. La seule contrainte que j’avais finalement, c’était le format. C’est la première fois que j’illustre un livre jeunesse et j’ai trouvé cela vraiment plaisant !

Il y a-t-il une illustration qui vous a procuré plus de plaisir à dessiner ? Pourquoi ?
Il y en a plusieurs, mais il y en a une que j’aime particulièrement, je crois que c’est au chapitre 14 : c’est quand la servante va voir le cordonnier pour recoudre le corps du frère d’Ali baba. Celle-là je l’ai particulièrement aimée pour l’ambiance colorée que j’ai choisie de faire et parce que, sur les illustrations qui venaient après, il y avait des rappels de cette illustration-là.

Rétrospectivement, qu’avez-vous le plus apprécié dans ce travail et pourquoi ?
J’ai apprécié quelque chose qui me change par rapport à mon travail habituel de bande dessinée : j’ai trouvé qu’il y avait plus de liberté avec une illustration par page et parce que, dans un chapitre, on choisit ce qui nous semble pertinent à illustrer. Dans une BD, il faut illustrer tout un récit et en cela c’est beaucoup plus contraignant car il faut se soucier de l’enchaînement des cases, donc du sens de lecture, de chaque case les unes par rapport aux autres. Oui, j’ai vraiment aimé la liberté qu’il y avait sur ce travail d’illustration de livre, numérique ou pas.

Et si c’était à refaire ?
Je le referai et d’ailleurs je suis en train de prendre des contacts pour essayer de continuer dans cette direction, qui me plaît bien et qui me fait des vacances par rapport à la BD. Et avoir des vacances en travaillant, c’est vachement bien !!!

Propos recueillis par Laure Zuber – Salon du Livre et de la Presse Jeunesse, Montreuil 2015

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2 comments on “Exclusif ! Une interview de Fred Besson, illustrateur d’Ali Baba”

  1. fmedina Répondre

    Bonsoir,
    j’ai eu connaissance de votre société par FB.
    je suis orthophoniste et éditeur (www.gnosia.fr)
    et j’aimerai essayer votre produit.

    comment faire ?

    confraternellement

    fmedina

    • nath.chappey Répondre

      Bonjour cher confrère,

      Merci pour l’intérêt que vous portez à Mobidys.
      Notre premier livre est en cours d’élaboration. Il sortira à la fin de l’hiver.

      Si le projet vous séduit, et si vous avez envie de découvrir ce 1er ebook 100% accessible en avant première, vous pouvez réserver votre exemplaire sur ulule.
      En plus, vous en offrirez un par la même occasion à un collégien dyslexique dans le cadre de nos projets d’expérimentation.

      Lien ulule : fr.ulule.com/mobidys-alibaba

      Nous en profitons pour vous souhaitez une excellente année 2016.

      Nathalie Chappey
      Orthophoniste
      Co-fondatrice de Mobidys

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